Un ange en hiver

Les anges gardiens se mettent au rythme de la nature et décident de vous proposer des interviews au gré des saisons avec des personnalités publiques locales. Notre ange de l’hiver est François Vé.

Poète du quotidien et de petites choses, François Vé aime la vie simple, les fruits, et les rencontres. Tantôt grave, tantôt léger, il se dit ému par les humains plus que par la nature, hésite à choisir son fruit préféré, mais a la certitude que l’amour de l’écriture guidera ses pas dans le futur.


Vous écoutez la chanson "Jaune-Vert" de François Vé !


NiceFuture : Dans ton quotidien, quelles sont les attitudes "développement durable" que tu privilégies ? (manger bio, achats de proximité, déplacements, bien-être, jardinage, équité sociale, placements éthiques, etc ?)
François Vé : Je fais attention à mon alimentation : je mange beaucoup de légumes, j’achète bio, j’ai un balcon ou je cultive persil, ciboulette et pommes de terre, que je dois ramasser, d’ailleurs, elles sont encore dans la terre. J’aimerais bien avoir un vélo électrique, car je n’aime pas conduire. Je vis simplement, je dépense quasiment rien, parce que j’ai des dettes. Ca aide au développement durable (rires). J’éteins les radiateurs lorsque je n’en ai pas besoin, mais j’ai de la peine à prendre des douches courtes. Chaque fois que je fais un peu long, je me dis, « va aux bains d’Yverdon ». Je ne suis pas un grand consommateur, j’aime les objets qui vieillissent, les choses qui ont une identité créée par le temps.

NF : Travailler moins pour gagner moins et vivre plus heureux est un modèle qui te parle ?
F : Non, je suis pour le travail ! Mais attention, moi je travaille beaucoup et je gagne peu d’argent. J’aimerais pouvoir mieux vivre de mon travail, mais travailler pour l’argent ne vaut pas la peine, il faut travailler pour soi et essayer de gagner sa vie avec ce que l’on est capable de faire. Si ce que j’aime faire me permet d’en vivre je suis heureux.

NF : Aujourd’hui quelle valeur diffusée dans le monde en ferait une place meilleure ?
F : Personnellement j’aime bien l’idée que l’être humain a une palette d’émotions à disposition. Dans le quotidien j’essaie de cultiver la couleur, le partage, mais aussi une tendresse envers moi-même qui me permet d’avoir un regard bienveillant, dénoué de jalousie sur les autres.

NF : Quel est ton rêve de bonheur pour la planète ?
F : L’être humain est paradoxal, il aime construire pour détruire, détruire pour construire… il faudrait pouvoir construire des choses qu’on puisse détruire sans faire du mal à la planète.

NF : Tes chansons sont pleines de fruits. Quel est ton fruit préféré ?
F : J’aurais pu dire directement la fraise. La fraise parce que c’est la première qui pointe son nez au printemps. Mais vu que je suis en train de faire une maitrise sur les fruits… ben, c’est d’autant plus difficile de répondre.

NF : Tu ne voudrais pas en vexer l’un ou l’autre ?
F : Oui, c’est exactement ça. J’ai la truie des abricots (rires). Quand j’écrivais autour des fruits j’avais un plat de fruits devant moi, je tentais de percevoir la différence entre la cerise qui est croquante, le moelleux de l’abricot le parfum de la fraise, ou le goût de la framboise, mais je trouve très difficile de mettre des mots là-dessus

NF : Et ta fleur préférée ?
F : L’hypomée. C’est la rencontre de l’année, c’est une fleure géniale. Elle pousse en torsade, et lorsqu’elle s’ouvre, elle se déploie en trompette. Vers le milieu de l’après-midi elle commence à se recroqueviller, elle penche la tête et elle fini sa journée. Et sa vie.






Ralph Baumann, spécialiste des énergies vertes et responsable des marchés environnementaux chez EOS depuis 4 ans, répond à quelques questions au sujet du courant vert.

NiceFuture : Quelles sont les énergies renouvelables qui circulent à présent dans le réseau?
Pour la Suisse, 60% d’énergie est d’origine hydraulique et 40% nucléaire. Les nouvelles énergies renouvelables représentent encore un segment de niche, mais devraient croître. La Suisse a une grande expérience avec les produits verts. Depuis 10 ans déjà, des distributeurs ont commencé de manière très proactive et progressiste à commercialiser du courant vert. Le label Naturemade est d’ailleurs maintenant bien connu en Suisse. Ce développement est aussi lié au fait que la libéralisation du marché a échoué en 2000.

NiceFuture : Une grande partie du courant produit en Suisse est d’origine hydraulique, mais combien de cette énergie est certifiée Naturemade Star?
Pas tout le courant d’origine hydraulique est certifié Naturemade Star effectivement, car les vielles installations et les gros barrages ne peuvent pas obtenir cette certification. Le barrage de la Grande-Dixence, par exemple est certifié «Basic».

NiceFuture : Pour quelles raisons selon vous est-il indispensable de souscrire et d’encourager l’énergie verte?
Le courant vert est d’abord une énergie sans CO2 et une production indigène. Lorsqu’on parle de photovoltaïque, de petites centrales hydrauliques ou de centrales biogaz, on parle de production décentralisée, ce qui implique un développement et un impact régional. Le développement des énergies renouvelables correspond aussi à une attente de la part de la population. Celle-ci est beaucoup plus sensibilisée aux problèmes environnementaux. Les énergies renouvelables ont aussi un rôle à jouer dans la problématique d'approvisionnement d'électricité à laquelle nous faisons face.

NiceFuture : L’énergie consommée par les ménages suisses et qui est d’origine nucléaire représente près de 40% en Suisse. Est-ce qu’à moyen ou long terme la Suisse peut devenir moins dépendante de cette source d’énergie?
La Suisse a un vrai manque en énergie «ruban», l’énergie qui permet un approvisionnement régulier d'électricité pendant toute une journée, et jusqu’à présent c’est l’énergie nucléaire, le charbon et les barrages qui assurent cet approvisionnement. En matière de nouvelles énergies renouvelables, les éoliennes sont moins planifiables que dans d’autres pays mais des sites sont toutefois prévisibles. Si vous prenez l’offshore, vous avez déjà beaucoup plus de possibilités et une meilleure mise en valeur de cette source d’énergie. Pour l’énergie solaire cela dépendra beaucoup de l’ensoleillement. Ensuite, il y a la biomasse et le biogaz, qui permettent d'être plus proche d’une production de «ruban», Tout comme, l’hydraulique. A ce propos, un développement des petites centrales qui sont souvent au fil de l’eau est encore possible.
Pour l'instant, il n’y a que 2% des clients d’un distributeur qui achètent un label vert, ce qui n’est pas encore assez pour mettre en place une production qui assure une sécurité d’approvisionnement. Il faut aussi des outils politiques et la Suisse a maintenant décidé d’aller plus loin avec l’objectif de 5,4 TWh jusqu’à 2030. Ce n’est peut-être pas assez mais c’est un début.

NiceFuture : C’est le cadre légal moins favorable qui retarde un avancement en faveur du développement durable?
Jusqu’à présent, il y avait une démarche volontaire, c’est-à-dire que les distributeurs proposaient des produits à prix coûtant, donc avec des différences de prix ; le solaire plus ou moins à 80 ct. le kWh et le courant conventionnel à 20-25 ct le kWh. Ce prix était élevé et limitatif jusqu’à aujourd’hui. Pour développer des énergies renouvelables en Suisse, il faut se doter d’un cadre légal qui permette une vraie promotion du courant vert. Souvent, en Europe, les énergies renouvelables ont été accompagnées par un soutien politique pour se développer, parce qu’il y a quand même une question de rentabilité pour les entreprises qui veulent développer ce type d'énergie. L'Union Européenne a d’ailleurs fixé l'objectif de 20% d'énergies renouvelables au niveau de la consommation d'énergie, ce qui représente 35% dans le mix d'électricité, ce qui est assez ambitieux.

NiceFuture : Actuellement la Suisse est très dépendante de l’étranger pour son approvisionnement en courant électrique. Quel pourcentage représente ce courant et comment palier à ce problème?
L'année passée, le déficit était de 2,7 TWh, ce qui correspond à la consommation d'environ 600'000 ménages. Dans le bilan global, la Suisse est nettement importatrice d’une énergie de ruban, mais cela dépend des périodes. C’est une plaque tournante en Europe au niveau de l'échange de l'électricité. Tout ce qui est charbon ou nucléaire arrive chez nous d’Allemagne et de France et nous échangeons ce courant contre une énergie de meilleure qualité. La Suisse va importer du courant pendant la nuit pour que les barrages s’alimentent et puissent produire de l'énergie pendant la journée.

NiceFuture : Il y a plusieurs freins, financiers ou légaux qui ne permettent pas un développement rapide. S'ils n'existaient pas et que vous voudriez produire une énergie 100% développement durable, que feriez-vous?
Une des difficultés que l'on a jusqu'à maintenant concerne la régularité de l’énergie produite. Je pense que l'avenir sera dans des filières qui permettent d'utiliser des sources renouvelables mais de manière régulière. Il existe des technologies qui sont liées aux courants marins et aux marées, qui se développent déjà en Angleterre ou au Portugal et que je trouve très intéressantes. Les freins jusqu'à maintenant sont plus d’ordre technique, mais il y a aussi souvent un problème d'acceptation de la part de la population que les Anglais appelle «NIMBY», «Not In My Backyard (pas dans mon jardin)», car même si les éoliennes offrent une énergie renouvelable, tout le monde n’apprécie pas leur proximité. A mon avis, il ne faut pas privilégier une seule voie, mais multiplier les sources d’énergies.

NiceFuture : Une dernière question un peu plus personnelle. Quelles sont les gestes que vous effectuez en faveur du développement durable dans votre quotidien?
C'est la question piège! [rires] Je ne conduis pas de 4x4 et j'ai aussi souscrit à l’énergie verte. Pour réduire nos émissions de CO2, nous avons vraiment des choix à faire, notamment en matière de transports. Il y a un grand potentiel, soit avec les nouveaux carburants soit avec les transports publics. Nous ne sommes pas obligés de toujours prendre la voiture. D’ailleurs, je prends le train pour faire le trajet Genève-Lausanne. Ensuite, il reste tous les choix au niveau de la consommation énergétique, les ampoules électriques, etc.


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L'action "Anges gardiens de la planète" permet à chacun de réduire son impact CO2 sur la planète au travers de gestes proposés mensuellement.
Elle a été lancée par NiceFuture fin juin 2007.
L'action Anges Gardiens de la Planète est reconnue comme 'Activité de la Décennie pour l'éducation en vue du développement durable' par la Commission suisse pour l'UNESCO

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